Un petit rappel sur la légalité

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Un petit rappel sur la légalité

Message par kobito le Mar 24 Juil - 4:23

hello vous tous

J’ouvre ce sujet, pas pour vous gâcher le plaisir de découvrir les chapitres avant leurs sorties en France, mais juste pour rafraichir la mémoire de ceux qui ce vantes de ne jamais avoir acheté un seul volume de leur série dite "préféré". Le scan et le scantrad d'œuvre soumis aux lois de la propriété intellectuel et du copyright n'est pas légale et ne le sera jamais. Le faite même de les conserver sur votre ordinateur est punissable par la loi. Pour preuve, qu'il ne faut pas rigoler avec ça et surtout pas au japon. Voici une traduction d'un article du site animenewsnetwork (article en anglais ici)

Le 20 juillet dernier, le tribunal de Kyoto a condamné un internaute d'Osaka âgé de 29 ans à un an prison, et une période de probation de 3 ans, pour avoir proposé le téléchargement illégal de publications du magazine Weekly Shonen Sunday.

Arrêté le 18 mai dernier, l'homme fait partie de 3 personnes interpelées par la police à Tokyo, Morioka et Osaka. Les 3 inculpés avaient scanné et proposé au téléchargement des numéros des magazines de prépublication à travers le réseau P2P Winny.

Le premier est un étudiant tokyoïte de 17 ans qui scannait et proposait au téléchargement le Weekly Shônen Jump de la Shueisha toutes les semaines le jeudi avant que la sortie officielle du numéro le lundi, et ce 15 février au 5 avril. Le second suspect est un travailleur à temps partiel de 26 ans de Morioka ayant proposé le téléchargement de publications du Weekly Shônen Sunday de la Shogakukan du 14 février au 3 avril. Le dernier homme est l'employé de 29 ans qui vient d'écoper d'un an de prison pour avoir proposé illégalement les publications du magazine Weekly Shônen Sunday du 31 janvier au 5 avril.

Le juge Atsushi MIWA a rappelé « l'importance du maintien des bases créatrices pour lesquels les ayants-droits dépenses leur argent et leurs efforts ».

Le 14 février 2006, deux hommes et une femme avaient été arrêtés pour avoir vendu et proposé au téléchargement des oeuvres dont les best-sellers Love Hina, Touch, Slam Dunk, Monster, Initial D, et Maison Ikkoku.

Dans un contexte particulièrement tendu pour les magazines de prépublication, la lutte contre le piratage et, plus généralement, contre le non respect des droits d'auteurs, constituent l'un des axes de défense des maisons d'édition sur le marché.

Voila, un petit rappel pour certains qui j'en suis sur ne manquerons pas de ce trouver les meilleures raisons du monde pour légitimer ce qui ne peux l'être, et de ne pas acheter quand cela leur est possible les tomes de leurs séries. De nos jours il est si facile de clické sur un lien internet. Même si cela ne concerne qu’une minorité, sinon les auteurs de manga et leurs maisons d’éditions et tout ce beau monde devrait retourner dans les champs pour cultiver des patates pour vivre.

«Au mal une fois fait il n'est pas de remède.»
[Homère]

PS: ce qui est valable pour le scantrad l'est aussi pour le fansub, même combat.

@+ pour un Post de l'insomniaque à 3h21 du mat Cool!

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Re: Un petit rappel sur la légalité

Message par dantelevrai le Mar 24 Juil - 10:12

J'ajouterai que le scantrad a beaucoup évolué depuis sa création : au début, il fonctionnait exactement sur le même principe que le fansub, à savoir une série licenciée = une série qui n'est plus ni traduite ni distribuée (faut dire aussi qu'à l'époque de sa création, le fait de voir une série licenciée relevait du miracle de l'homme qui s'est remis à marcher après avoir été à Lourdes...).
C'est l'apparition d'une génération du "tout gratuit" qui a entraîné le scantrad (et parfois, le fansub) vers des contrées obscures (attention, je ne critique pas, j'en fais partie et j'y contribue, mais à la différence de certain(e)s, j'achète ^^).
Et il est vrai qu'il est extrêmement regrettable de voir des jeunes trous du *** (désolé, je ne vois pas d'autres mots !) venir faire leur petit marché au manga et à l'animation sur le net, sous pretexte que "c'est trop cher" (pour les prix de l'animation, remarquez, il y a c'est vrai de l'abus - et encore que ça peut être discutable au vu des prix prohibitants des DVDs au Japon). Je voudrai bien savoir comment auraient fait ces pauvres brebis pour continuer à suivre leur(s) série(s) fétiches si Internet n'avait pas existé. Alors au delà du débat (inutile, car l'on sait tous le caractère illégal de ce que l'on fait), c'est surtout une question sur le respect qui doit être soulevée : rien ne vous est dû ! Arrêtez donc de vous vanter d'être les pros du telechargement, arrêtez de souler votre monde parce qu'un chapitre est sorti en retard; apprenez la patience (je sais, l'espoir fait vivre -_-") et apprenez à respecter ce que vous prétendez aimer : achetez des mangas (on ne me fera pas croire que le pauvre clampin qui suit juste naruto ou OP ne peut pas se faire la série complète à force de patience - Rome ne s'est pas construite en un jour) !


Menfin, tout ça quand même pour dire aussi qu'un insomniaque peut faire des posts super intéressants à 3h23 du matin ^^

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Re: Un petit rappel sur la légalité

Message par Kimimaro le Mar 24 Juil - 11:07

J'en suis aussi.

Je lis avec beaucoup de plaisir le post de notre insomniaque ! La légalité... Peut-on encore en parler ? L'argent domine le monde. On se lève tôt, on va bosser dur, on se tape les transports, les bouchons pour certain et une fois rentré chez soit et on oublie ses soucis professionnels à l'aide d'un animé ou d'un manga. Personnellement je suis un grand fan de Manga/BD et de musique. Je travaille sur Lyon alors que j'habite à Grenoble et je subit donc 4 HEURES de transports divers et variés TOUS les jours de la semaine.

J'ai donc un immense plaisir à voir le temps passer à toute vitesse en compagnie de San Goku (en ce moment je lis Dragon Ball dans le train), de Ryo Saeba, de Guts et j'en passe. En même temps j'ai mon fidèle iPOD sur mes oreilles et j'écoute des albums de métal/rock. gràce à celà, j'évite de sombrer dans la démense car je me lève à 5h25 le matin pour rentrer chez moi aux alentours de 19h : "La France qui se lève tôt" c'est pour moi Wink. Je tiens donc à l'aide de Manga et de musique, composés ou déssinés par des auteurs qui travaillent dur pour nous proposer ce divertissement.

J'ai actuellement chez moi 230 CD ORIGINAUX et pas loin de 500 mangas. Je ne suis pas Crésus, j'ai simplement commencé la "collection" assez jeune. Lorsque j'ai eu l'ADSL en 2001, j'ai eu une période de Téléchargement assez importante de l'ordre de 2Go par jour de DL et ça pendant 1 an. J'avais tout ce qui sortait niveau film, musique, etc... Simplement au lieu de pirater "connement", je faisais le tri.

Je me souviens d'avoir eu des collègues de classe se ventant d'avoir 500 CD, 1000 CD.... Pour en écouter 20 maxi. Certains même se ventaient de n'avoir aucun originaux chez eux. Et pour quel but ? Parce que c'est cher. OK quand on est étudiant on a pas tout ce que l'on veut. OK quand on est jeune on a envie de sortir, de boire, de fumer etc...

Maintenant on imagine que les rôles sont inversés : vous êtes musiciens (certain le sont et j'en fait parti), ou dessinateur, et au lieu d'acheter vos CD ou dessin, les gens les piratent. Vous vous dites quoi ? "Ouais trop normal, c'est cher" ou " Putain les connards" ? Tous vos groupes préférés ne sont pas multi-milliardaires ! Tous ne sont pas Robbie Williams ! Certains artistes ont BESOIN de l'argent de la vente pour vivre et pour refaire des albums ou des dessins !

Quand je vois sur le forum de Nigthwish des gens qui se disent fans, et qui n'ont AUCUN CD car ils ont gravé la moindre chanson, ça me rend un peu fou ! Moi quand j'aime quelque chose je ne fais rien d'illégal. J'aime ma femme ben je vais pas la tromper. C'est pareil pour la musique ou les mangas.

Quand j'étais jeune (17 ans) les graveurs étaient chers, internet haut débit c'était 512 méga pour 500 francs par mois (75 euros) donc autant vous dire que pas beaucoup de gens ne l'avaient. les CD gravé ça s'achetait aux gens pour 50 francs environ, pareil pour les jeux ou autre ! Et bien quand je voulais une chanson, je faisait comme tout le monde : j'achetait le CD ou bien je m'en passais ! Seulement maintenant voilà, comme le dit Dante, la génération du "tout tout de suite tout gratuit" a habitué les jeunes à ne pas payer, économiser, etc... la culture gratuite qui mène les "petits artistes" à mourir car pas de rentrée d'argent.

Le Scan trad n'a pour but que d'éviter d'attendre la sortie Française trop longue pour avoir la suite de l'histoire. Ca permet aussi de s'amuser autour du manga, de discuter etc. CA NE REMPLACE PAS L'ACHAT ! C'est idéal pour faire connaitre des séries et les boutiques de manga le savent, pas de soucis ! Simplement quand on voit les gens que j'appelle les "Clodo de la Fnac" assis par terre dans les allées en train de lire les mangas parce que eux ne sont "pas assez con pour acheter ce qu'on peut avoir gratuitement" ben ça me donne envie de taper ! Si vous achetiez plus au lieu de pirater, les prix baisserai car il n'y aurait pas besoin de répartir les coûts sur le peu de monde encore assez intélligent pour payer !

Au lieu de suivre 30 séries vous n'en suivez que 4 mais vous achetez ! Et quand vous avez plus d'argent vous attendez, vous relisez celles que vous avez et puis voilà !

Idem pour les MP3 : il y a une partie légale ! On a le droit de garder un MP3 téléchargé pendant 2 jours sur son PC. Au delà c'est du piratage. Et bien faites comme moi : vous téléchargez pour voir ce que donne l'album, vous écoutez tout de suite (ou presque) et là 3 solutions :

1 - vous aimez donc vous achetez : logique
2 - vous êtes indécis donc vous réécoutez
3 - vous n'aimez pas alors vous faites clic droit/supprimer

Je parles aux jeunes car ce sont eux les gros pirates car pas de revenus. Mais ça s'applique aussi aux plus vieux !

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Re: Un petit rappel sur la légalité

Message par bonnet le Mar 24 Juil - 21:59

je suis tout à fait d'accord avec vous... mais oulala c'est violent, j'ai même eu un peu peur^^

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Re: Un petit rappel sur la légalité

Message par kobito le Mer 25 Juil - 3:16

Hello !

Un sujet qui inspire au moins trois commentaires, dont deux très complet, qui plus est. Mais c'est un sujet qui fâche dés qu'il est abordé, on ne se sent généralement pas concerné car on se croit à l'abri et anonyme derrière sont clavier, grosse erreur. Puis vient un jour où l’on frappe à votre porte « bonjour, gendarmerie nationale » même si cela semble extrême, c'est ne pas quelques choses d'impossible.

Le "tout gratuit" ça n'existe pas. J’espére que beaucoup comprendrons avant d’en faire la malheureuse expérience. Ce jours là, il ne faudra s'en prendre qu'a soit même.

@ plus Tchin Tchin ! et viendez sur le chan irc #hayakutrad


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Re: Un petit rappel sur la légalité

Message par Kimimaro le Mer 25 Juil - 9:04

sans compter le fait que c'est franchement pas une fierté d'afficher le piratage informatique... C'est à cause de celà qu'on est maintenant bridé sur plein de logiciels...

Quand les gens voient mon armoire à CD, j'ai des reflexions du genre "ouais t'es trop c*** d'acheter alors que sur le net c'est gratuit". L'accés gratuit aux albums est trés pratique pour se faire une idée. Fini les deceptions quand on achetait un CD et qu'en fait seule la piste connue était bien ! Mais si vous aimez un groupe : rendez-le leur et achetez leurs albums ! langue

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Re: Un petit rappel sur la légalité

Message par TheBosS le Mer 25 Juil - 11:29

Je ne sais pas si vous connaissiez cet article, mais je viens de le découvrir et en étant superbement bien écrit je trouve qu'il analise objectivement notre petit monde du scantrad, bref je pense pareil :

La révolution Internet permet bien des choses. En particulier dans le domaine de la propagation de certaines cultures et contre-cultures. Jusque là limité aux hypothétiques contacts de troisième main avec le Japon, aux magazines de jeux vidéos et aux boutiques d’imports, les fans ont vu s’ouvrir à eux tout un monde de tuyaux, puis peu à peu, un monde de ressources sur leurs séries favorites. Et de l’info, des images inédites et autres petites choses, on allait très vite passer aux séries elles-mêmes. D’abord les scripts pour les courageux importateurs, puis le débit augmentant, les produits eux-mêmes. Quelques pistes pour réfléchir autour de ce phénomène de fans, pour les fans, qui dépasse à présent largement la sphère des fans...

Qu’est-ce que le fansub ?

C’est tout d’abord une activité par les fans, pour les fans, et à but non lucratif. Le fansub (pour les anime) et la scanlation (pour les manga) sont des activités qui consistent à traduire en français des oeuvres japonaises qui ne sont pas encore éditées en France. Il existe un réseau de fansubbing et de scantrad très développé aux Etats-Unis, et son relais en France. Bon nombre de traductions qui nous parviennent sont traduites par le biais de l’anglais, mais d’autres le sont directement du japonais. Il en va de même dans les teams américaines, qui pour certaines récupèrent des manga édités en France pour en proposer une version anglaise. Il ne s’agit pas pour ces groupes d’en retirer autre chose que de la notoriété sur l’Internet, et le plaisir de faire partager par d’autres amateurs du genre une culture qu’ils apprécient. Il s’agit donc d’une activité à but non lucratif, et le pacte tacite entre les teams [1] et leur public est que la distribution des oeuvres doit cesser dès qu’elles sont licenciées. Le leecheur [2] doit également acheter l’œuvre qu’il a ainsi pu regarder ou lire gratuitement à sa sortie.

Cependant, malgré ces précautions et ces bonnes intentions, le fansub et la scanlation restent des activités illégales quand bien même les séries ne sont pas sous licence en France ou aux Etats-Unis. Il y a une spoliation de l’auteur dont l’oeuvre est lue sans que rien ne lui soit reversé en contrepartie, et celle-ci est diffusée par les teams sans aucune autorisation des ayant droits. Cependant, en droit français, faire cesser le fansub ou la scanlation impliquerait qu’une personne ayant intérêt à le faire porte plainte contre la team concernée. Or l’activité étant concentrée sur des séries qui ne sont pas licenciées, il faudrait que les plaintes viennent du Japon. Ce point contribue à placer le fansub aux franges de la légalité. Il ne faut cependant pas perdre de vue que l’activité est, en termes objectifs, du mauvais côté de la loi. Ensuite, en droit, le principe quietas non movere implique que la justice n’intervient pas si personne ne constate un trouble ou ne fait valoir un préjudice. Et comme pour un certain nombre de raisons, dont certaines seront ci-après évoquées, personne n’y ayant intérêt n’a jugé bon de s’attaquer systématiquement au fansubbing et à la scanlation, l’activité s’est développée et a gagné une place importante dans le paysage du manga et de la japanime.
Des effets de cette pratique...

Toutefois, il ne faut pas se leurer. L’impact de l’activité n’est pas anodin sur le marché. Le principe qui veut que le visionnage ou la lecture de la série distribuée par ce canal soit suivie d’un achat le jour où elle est licenciée dans le pays concerné reste majoritairement théorique. On peut imaginer que cela concerne les quelques séries qui ont totalement séduit le public, au point de vouloir les posséder dans une belle édition dvd, ou des volume reliés soignés. Il faut aussi envisager ceux qui sont devenus accrocs, et qui se jettent sur tout ce qui passe, et pour qui le fansub n’est effectivement qu’un avant-goût. Mais à l’opposé de cette chaîne, on va rencontrer des comportements qui se reposent uniquement sur la consommation par les réseaux du fansub et de la scanlation, et qui vont se traduire par la recherche de teams qui poursuivent les traductions une fois la série mise sous licence. Certaines teams se sont d’ailleurs spécialisées dans le rippage de dvd et la poursuite de la distribution de séries licenciées, même si elles sont beaucoup plus dures à trouver sur la toile, puisqu’elles cherchent logiquement à échapper aux éditeurs qui auraient, à ce moment là, directement de bonnes raisons de se plaindre.

On peut donc estimer que le fansub a des conséquences économiques négatives sur les éditeurs : certaines personnes voient des séries entières, et ne les rachètent pas ensuite. D’autres se contentent de se procurer les épisodes qu’ils n’ont pas trouvés en fansub... quand bien sûr ils n’ont pas recours aux réseaux franchement illégaux, ou au fansub anglais pour se procurer en anglais des séries licenciées en France par exemple.

Cependant, il faut nuancer ce manque à gagner pour les éditeurs et auteurs, dans la mesure où s’il était agit de payer directement, il est plus que probable que bon nombre de ces consommateurs n’auraient pas acheté ces produits spontanément, et ne s’y attachent que parce qu’ils sont gratuitement disponibles. Ce constat n’excuse pas l’immoralité de leur attitude, mais sert à tempérer les conséquences économiques directes de la pratique. Car ce qui intéresse les éditeurs, tant français que japonais, ce sont naturellement avant tout les conséquences économiques de cette pratique. Et le fait qu’elle prospère ainsi établit bien qu’elle est loin de nuire au marché.

Une externalité positive pour le marché du manga

Le fansub et la scanlation constituent une publicité attractive : Il serait vain de vouloir limiter leurs conséquences à une affaire de gros sous, ou de vouloir évaluer celles-ci de manière strictement comptable. En effet, le fansub et la scanlation sont d’efficaces canaux de publicité pour les séries : via l’Internet, ils permettent une large diffusion de celles-ci à un public qui peut les essayer gratuitement. Si la mise sous licence intervient ensuite avant le terme de sa publication en fansub, la réputation de la série est déjà assurée via ce canal, et le public va se repporter sur les versions légales pour continuer à la suivre. Du moins pour ceux qui ont apprécié la série jusque là.

D’autre part, si le calcul peut fonctionner série par série, il fonctionne surtout au niveau global : si le lecteur de scanlations n’achète pas forcément les séries qu’il a lues sur le net dans leur intégralité, il consomme de plus en plus de manga. De même qu’un amateur d’anime qui consomme du fansub est de plus en plus porté à en regarder. Ces pratiques créent donc un effet d’appel vers le marché, et élargissent celui-ci. Certaines personnes ne se seraient jamais intéressées à la japanime si elles n’avaient eu accès à un grand nombre de séries gratuitement.

On peut ainsi metionner le fait que le président de Viz comics aux Etats-Unis se félicite de l’existence de la scanlation, et loue la pratique au point de dire que s’il était éditeur de disques, il trouverait l’échange de mp3 positif [3]. Dans le cadre de la réalisation de ce dossier sur la Japanimation et le manga, Artelio a posé la question de leur opinion à propos de ces pratiques à plusieurs éditeurs et journalistes. Plusieurs ont émis certaines réserves, mais aucun n’a condamné la pratique en tant que telle. Tous estiment in fine qu’elle était plutôt sympathique et positive. [4]

Alors, il est naturellement difficile de tirer des conclusions de ces faits. Si les comportements sont avérés, l’illégalité du phénomène fansub fait qu’il est délicat de l’évaluer précisément. Les teams seraient sans doute les mieux à même pour donner ces renseignements, toutefois, ont-elles une bonne visibilité globale ? Aucune enquête de consommation n’a été établie chez les leecheurs. On peut tracer certains comportements, évaluer leur impact global probable, mais il est intéressant de constater que selon les positions personnelles des gens, l’appréciation du bon sens à propos de l’impact positif ou négatif du fansub et de la scanlation est variable.

Un fait ressort, à peu près acquis, qui est que le fansub et le scantrad n’ont pas les mêmes conséquences directes. Avec le haut débit, il est désormais possible de se procurer des épisodes d’anime d’une qualité presque équivalente à celle d’un dvd, et un bon écran de PC est amplement suffisant pour jouir du spectacle confortablement. En revanche, rien ne remplace l’objet livre à propos du scantrad. Et sans entrer dans des considérations de fétichisme pour bédéphiles, la lecture sur écran reste encore le meilleur rempart pour les éditeurs de manga.

Cependant, le fait que le marché de l’anime et du manga se portent mieux que jamais laissent penser que ces pratiques n’ont d’effets négatifs que superficiels. Ainsi, les ventes de certains dvd lors du dernier Japan-Expo ont achevé de rassurer les éditeurs. Il faut donc considérer d’une part qu’Internet ne s’est pas encore tant démocratisé que ça, que les Chan IRC ou les technologies du P2P [5] ne sont pas si familières à tout le monde (pourtant les amateurs de manga et anime sont statistiquement mieux équipés, et mieux informés des possibilités informatiques que le reste de la population si on s’en réfère à certaines estimations des éditeurs), ou alors que le produit dvd/livre continue de séduire. Il ne faut pas négliger le fait que les fans sont désireux de voir de plus en plus de japanime et de manga édités en France, et que donc ils n’hésitent pas à consommer, conscients que leur consommation d’aujourd’hui prépare l’arrivée des produits qu’ils désirent demain.

D’autre part, les teams sont également des dénicheuses potentielles de séries qui marchent. Et représentent pour les éditeurs (dont il ne faut pas s’imaginer que, béotiens, ils ignorent ce qui se passe !) un champ de test du potentiel de certains titres. Naturellement, il est bien difficile d’évaluer en quoi les teams peuvent conditionner les achats de licences. Ceux-ci résultent de négociations complexes dans lesquelles l’impact que peut connaître une série en fansub/scantrad est limité. Cependant, l’importance d’acquérir une série TV avant qu’une team ne la termine peut s’avérer stratégique pour un éditeur, ou le succès d’une série grâce à ses scans peut décider de son achat.

S’il faut déconnecter le marché de l’opinion cybernétique (opinion publique telle qu’elle se diffuse sur les forums, chat et autres), il n’en demeure pas moins que sur ceux-ci, le travail des teams est abondemment commenté. Et parfois pour servir de référence, ou de moyen de critiquer le travail des éditeurs, dont les conditions de travail, et de mise en oeuvre de l’adaptation sont radicalement différentes de celles de fans qui oeuvrent pour des fans. Il n’en demeure pas moins qu’un adaptateur de chez Akata n’hésitera pas à dire publiquement sur un forum qu’il regarde les traductions que la team Iscariote a pu faire par le passé pour les comparer avec celles de ses traducteurs.

Quelles conséquences la scanlation a-t-elle sur le marché du manga en France ?


Il ne faut d’ailleurs pas s’imaginer que la frontière entre le monde de l’édition et du fansub/scantrad soit si ténue que cela. Le site Cyna], farouche ennemi des fansubbers, dénonçait la politique d’AB, qui sur certains travaux de sous-titrage a justement fait appel à des fansubbers de certaines teams, lesquelles proposaient des licences AB en téléchargement peu de temps avant. La pratique n’est pas, par ailleurs, vraiment originale de la part des éditeurs. Il est classique pour un groupe d’intégrer en son sein une personne ayant un savoir-faire qui peut autant lui nuir que lui être utile. Elle est même plutôt multimillénaire et remonte aux armées antiques. On ajoutera que par exemple, la team Iscariote avoue pudiquement compter "plusieurs" professionnels dans ses rangs, certains travaillent pour des éditeurs de manga, d’autres font des articles pour des magazines, quand ils ne font pas les deux [6].

Bref, le manga et les anime sont une culture hier underground, qui se révèle de plus en plus au grand jour. Et ceux qui ont oeuvré à son développement, par exemple par le fansub ou le scantrad, prennent naturellement position sur ce marché dynamique, où ils monayent leur savoir-faire. Les voir comme des pirates concurrents des éditeurs, en tous les cas en France, serait avoir une mauvaise lecture du milieu du manga (le problème de l’animation étant sensiblement différent, et nettement moins lisible). Ainsi, autre exemple qu’Iscariote, le site mangajima s’est fait connaître en reprenant la traduction de I’ll après l’abandon de la licence par Glénat. Puis ils ont été associés par Tonkam aux traductions des volumes suivants, lorsque le titre a été repris. Et aujourd’hui, ils ont monté un magazine distribué en kiosque qui parle de manga et de japanime.

Une autre influence n’est pas négligeable : les traductions des scanlateurs sont le fait de fans qui adaptent le manga pour des fans. Elles sont donc parfois loin de constituer une véritable adaptation, comme celle pratiquée par les maisons d’édition, mais s’adressent à un public qui fait l’effort de s’initier à un certain nombre de codes de langages et de coutumes japonais. Si cela est parfaitement normal dans le cadre d’une traduction de la part de fans pour des fans, on peut regretter qu’ensuite, "élevés au fansub" une partie du lectorat aille reprocher aux éditeurs de réaliser des adaptations et de ne pas conserver les exotismes d’une version quasi-littérale. Sans que l’on puisse l’imputer directement à cette tendance, il n’en demeure pas moins qu’aujourd’hui, certaines publications sont très peu adaptées et ont donc un côté rebutant pour le profane.

Il ne s’agit donc pas ici ni de prendre parti pour le fansub, ni de le dénoncer comme une nuisance. Encore moins de porter sur l’activité un jugement moral. Il s’agit plutôt de prendre conscience que, bon gré, mal gré, cette activité est désormais entrée dans le champ du monde du manga et de la japanime en France, en parallèle à l’édition. Et de donner des pistes pour se forger une opinion sur son impact. Cet article ne prétend pas, par ailleurs, être exhaustif.

par Pierre Raphaël
Article mis en ligne le 24 février 2005


Lien : http://www.artelio.org/article.php3?id_article=1209


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Re: Un petit rappel sur la légalité

Message par TheBosS le Mer 25 Juil - 11:51

Je rajouterai (oui en double post car j'ai dépassé la limite autorisée langue) l'avis de deux éditeurs sur la question tirée de deux interview :

D'abord pika :

Parallèlement aux publications des éditeurs, sur internet, la pratique de la scanlation recontre un vif succès auprès des lecteurs internautes. Comment appréhendez-vous, en tant qu’éditeur, cette pratique ? Externalité positive qui contribue à intéresser le public, ou alors concurrence nuisible et déloyale en sus d’être illégale ?

- Le livre, l’objet en papier que l’on feuillette est irremplaçable. Les mises en ligne de séries par des fans est sympathique. Même si la qualité n’est pas toujours au rendez-vous, c’est un vrai travail qu’effectuent leurs auteurs. Ils le font gratuitement, par passion et les meilleurs ont l’élégance d’arrêter quand l’édition officielle sort en livre. Pour ma part, je trouve que c’est plutôt bénéfique pour le manga en général.

Pensez-vous qu’internet joue un rôle particulier dans l’essor du manga en France, ou pas plus que dans d’autres secteurs culturels ? En tant qu’éditeur, prêtez-vous particulièrement attention à ce qui se raconte sur les sites très fréquentés ?

- Je ne lis pas trop ce qui se dit sur Internet. les forums se résument top souvent à des conflits d’ego plutôt qu’à de véritables échanges. Cela dit comme c’est souvent le cas dans un mouvement culturel qui émerge, les amateurs de cette culture utilisent tout les moyens pour mieux faire connaître leur passion et Internet est un bon moyen.


Et kaze :

A propos d’internet, que pensez-vous du phénomène, assez important depuis la démocratisation du haut débit, du fansub ?

J’ai un jugement partagé sur le fansub. D’une part, c’est le fait de passionnés qui veulent faire découvrir de l’animation, je ne peux que le comprendre, voire l’admirer. Le problème, c’est qu’en ayant un anime immédiatement, il n’est pas dit que les gens vont aller l’acheter ensuite, ce que la morale imposerait. Or ceux qui achètent les dvd des anime qu’ils ont téléchargé doivent représenter à peu près 5% de ce public. Et même si, bien sûr, on ne vendrait pas tout ce qui se télécharge, ça nous coûte des ventes à l’arrivée, et ça baisse la rentabilité des investissements des éditeurs... donc c’est un cercle vicieux qui à terme nous conduit à publier moins de dvd. En outre, cet accès facile pousse le public a prendre les produits qui sont les plus téléchargés sans savoir de quoi il s’agit, il y a un phénomène de troupeau autour de certaines séries qui n’est pas forcément le plus intelligent. Kaze ne s’en est jamais pris aux fansubbers. Certains sont des personnes que je respecte. D’autres moins. Les plus violents sont ceux qui viennent vous agresser. Un jour, un fansubber a pris à partie un des collaborateurs et lui a dit "Cédric Littardi, je vais lui casser la gueule si je le vois" car j’aurais soi-disant dit du mal des fansubbers quelque part. Je ne vois pas où j’aurais pu tenir ces propos, sincèrement... et ce genre de personnes là, on s’en passerait. Je pense que les fansubbers devraient travailler plus près des éditeurs. Le hic, quand ils s’adressent à nous, c’est que c’est toujours au travers d’un pseudo. Or n’importe qui d’autre qui nous contacte nous donne a un nom et un prénom. On sent quand-même une peut latente et quelque peu hypocrite parfois : ces gens-là sentent souvent qu’ils ont des choses à se reprocher. C’est dommage, parce que je pense qu’il faudrait travailler plus étroitement avec eux. La politique de Kaze, de toutes les manières, c’est d’apporter des plus values au produit : des packaging collectors magnifiques. Nous réalisons les plus beaux du monde. Quand on est passionné on est forcément intéressé par des objets à mettre dans une collection, même sans forcément vouloir les acheter, c’est un plus non négligeable de savoir qu’il existe de tels collectors.

Enfin, toujours à propos du média Internet : quelle importance attribuez-vous aux communautés, sites, chan ou forums qui se tiennent sur le net ? Êtes-vous à l’écoute de ce qui se raconte sur les plus fréquentés ?

L’animation japonaise est un phénomène de niche, et son public est ultra-équipé en ordinateurs par rapport au reste de la population française. Donc Internet est un vecteur de communication fort. Cela dit, à Kaze, nous n’attachons pas forcément d’importance à ce qui se dit sur Internet. Nous n’avons pas toujours le temps, nous préférons consacrer notre temps à éditer de beaux produits. Il faut savoir qu’Internet est un endroit où on dit un peu tout et son contraire, et que ceux qui y parlent le plus ne sont pas nécessairement les personnes les mieux informées. Alors, oui, certainement, on surveille ce qui se dit, mais on ne va pas réagir dans l’instant. C’est un média important, mais qui pose le problème des choses immédiates et des cabbales stupides qui les accompagnent.


Donc on le vois bien même si l'un est éditeur de manga et l'autre d'animes, la question est souvent affaire personnelle et les avis reste mitigés car encore beaucoup trop de personnes sois-disant passionné s'en tiennent au tout gratuit, on le repêtera jamais assez si vous aimez vraiment les mangas le meilleurs moyen de nous remercier c'est de les achetez une fois parus Wink!

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Re: Un petit rappel sur la légalité

Message par hinata27 le Mar 8 Jan - 15:57

En lisant tout sa la question qui me vient a l esprit ses pour combien j en aurai moi!
bizard ses sentiment

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Re: Un petit rappel sur la légalité

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